L'étagement alpin

Le Musée des Traditions Populaires de Moûtiers possède, dans la salle des outils agricoles, un panneau consacré à l'étagement alpin. La vie agropastorale dans les Alpes n'est pas possible sans les "remues" ou "transhumances" qui permettent de tirer le meilleur parti de la végétation.

Monter – Descendre

L’agropastoralisme alpin (culture et élevage) s’est caractérisé par un système de « remues » consistant à exploiter tous les étages de la montagne.
 Au bas dans la vallée, la vigne et les vergers. Plus haut, après la forêt de feuillus, les prés et les champs entourent le village avec ses maisons, granges et bâtiments communautaires. N’oublions pas les jardins qui fournissent l’ordinaire de la table. Plus haut encore, après la forêt de résineux, la montagnette où le troupeau transite avant de rejoindre l’alpage et en redescendant de celui-ci. Plus haut enfin, l'alpage, avec sa belle et riche pelouse alpine. Au sommet de l’alpage s’arrête la zone exploitée par l’agriculture. Après les rochers, c’est le domaine des neiges et glaciers qui jouent un rôle essentiel pour que l’eau irrigue chaque étage du domaine agricole.
Cette vie rythmée par les déplacements obligeait à posséder plusieurs maisons. La maison principale est la ferme dans le village. La maison du bas se trouve dans les vignes, c’est le « sarto » dans lequel l’on range les outils, avec une chambre permettant d’y séjourner lors des gros travaux. La maison du haut se trouve dans la montagnette. Chaque famille y conduira ses vaches avant qu’elles ne gagnent l’alpage. Durant l’été on fauchera quelques prairies avant d’accueillir à nouveau les vaches descendant de l’alpage.
La maquette au premier plan représente la maison d’alpage (« l’arbé ») d’une famille de Saint Martin de Belleville. Dans cette commune où il n’y avait pas d’alpage communautaire, les femmes et les enfants y passaient l’été avec tous les animaux ; les hommes restant au village pour faire les foins et moissonner.

La Tarentaise a connu ces remues internes de ses propres troupeaux, mais des troupeaux méridionaux, essentiellement de brebis, avaient aussi l'habitude de venir savourer la pelouse alpine.

Maquette vallée des Belleville : Georges Charles – Autres maquettes : Jean-Louis Glauda

On peut maintenant découvrir les outils agricoles qui vont permettre de travailler dans ces différents lieux.