Les travaux agricoles

L'une des plus vastes salles du musée rassemble de nombreux outils agricoles regroupés autour des lieux que sont le pré, le champ et la forêt. Dans la même salle ont également été disposés quelques instruments de portage. Enfin, la thématique du mulet complète cette riche salle.

Dans une vallée riche en forêts, le travail du bois a toujours tenu une place de choix. Matériau pour le chauffage, pour la construction ou pour les artisanats du tonnelier, du menuisier ou du boisselier, tout commence dans la forêt …

A Moûtiers, la Place du Marché au bois conserve le souvenir de ces activités.

Les scies sont des instruments qui servent à découper le bois, le métal, la pierre ou tout autre matériau dur. La partie agissant est constituée par une lame de métal dur (acier) armée de dents rapprochées qui attaquent le matériau par fragments et en rejettent les déblais à l'extérieur (sciure).
A l'âge du Bronze, en Grèce, Egypte et Scandinavie, on découvre déjà des lames de bronze dentées et emmanchées à une extrémité.
Dés l'Antiquité, l'arsenal classique des scies est en place, en particulier la scie montée sur cadre représentée dans l'iconographie romaine.

Les instruments de portage.

Les "cavagnes" (paniers tressés) sont fabriquées par le vannier.

En des régions au sol très pentu, la préparation de la terre est un travail difficile. La terre glisse avec les eaux de ruissellement, le passage de la charrue ; il faut donc la remonter chaque année sous peine de se retrouver avec un sol dénudé au sommet des champs.

On appelait souvent l’agriculteur savoyard « un porteur de terre ». Ce travail printanier ou automnal, très pénible, se faisait le plus souvent à dos d'homme ; la terre étant mise dans ce panier tressé, porté sur les épaules. D'où le nom significatif que porte cet instrument : le casse-cou.

Le labourage
Les hommes ont d'abord utilisé des bâtons à fouir ou des houes pour préparer la terre avant les semences mais cela ne donnait qu'un maigre résultat ; la terre étant grattée plus que défoncée et retournée.
L'invention de l'araire fut donc une étape essentielle dans l'histoire de l'agriculture : la terre pouvait être aérée grâce à des raies tracées dans le sol par le soc (le sol était quadrillé perpendiculairement). Les premiers socs étaient constitués d'un silex ou bien d'un bois durci au feu. Vers 2 000 avant J.C apparaissent les premiers socs en cuivre, puis l'on utilisera le bronze et enfin le fer.
Par rapport à l'araire, la charrue présente un nouvel avantage puisque le soc est accompagné d'un versoir permettant de retourner profondément la terre.

Les foins

La faux (en patois : la daille) sert à couper le foin et les céréales, elle est composée d'une lame et d'un manche.
Pour que le tranchant de la faux soit en parfait état on l'affûte (c'est-à-dire qu'on le rend plus coupant) avec une pierre conservée    dans    le    covier.
Lorsqu'il faut reformer le tranchant de la faux, on se sert des martelors : une petite enclume et un marteau.
Ce travail, fait sur du métal, était déjà exécuté par les hommes de la préhistoire lorsqu’ils travaillaient une pierre pour en faire un outil.
Il ne reste plus alors qu'à utiliser la faux. Le bon faucheur se reconnaît à l'alignement de foin (un andain) régulier et continu qu'il laisse derrière lui.

Un barillon est une charge de foin de 50 à 80 kgs. Cette charge est maintenue par la corde à barillon constituée de deux bois et de cordes. Le nombre de celles-ci est variable selon la nature du foin à transporter : cinq cordes peuvent suffire pour le foin récolté dans les vallées, alors que l’on a parfois sept cordes pour le foin de montagne qui est plus court.

Les trouilles sont des anneaux de bois, trouvés naturellement, ou bien fabriqués, qui sont utilisés comme des attaches, en étant fixés à l'extrémité d'une corde, par exemple pour attacher du foin.

La salle consacrée aux principaux travaux agricoles serait incomplète sans faire une place au mulet.